Non aux profits sur le dos des consommateurs
Les tarifs domestiques doivent diminuer
Gaz de France vient d’annoncer ses résultats à fin juin 2006. Les résultats s’envolent par rapport à fin juin 2005 : +34 % (+ 650 millions d’euros) pour le résultat d’exploitation Groupe, + 35 % (+ 450 millions d’euros) pour le résultat d’exploitation de Gaz de France SA (activité en France). Le résultat net du Groupe progresse de plus de 40 % passant de 1,2 milliard d’euros à fin juin 2005 à 1,7 milliard d’euros à fin juin 2006.
La forte progression du résultat de l’activité en France est la suivante : (CA : 1 1724 millions d’euros, soit +31 %. Résultat d’exploitation : 10 447 millions d’euros, soit +45,7 %. Bénéfice net : 1 612 millions d’euros, soit +56 %.
L’essentiel de la progression du résultat de l’activité France (GDF S.A.) est dû à la progression de la marge gaz (différence entre prix de vente et prix d’achat du gaz) qui progresse de près de 400 M€ sur le premier semestre, soit plus 13 %. Cette progression fait suite à la croissance de la marge de 6 % en 2005.
Elle est due à la hausse des tarifs du gaz de près de 26 % en un an (juillet 2005-mai 2006). Selon la Direction de Gaz de France, ces hausses étaient insuffisantes pour compenser la hausse des coûts d’achat du gaz. Comme à fin 2005, les comptes montrent qu’il n’en est rien. On est loin des affirmations du Président de Gaz de France indiquant que l’entreprise vendait à pertes. On est loin aussi de ses promesses que l’objectif de Gaz de France était de fournir le gaz le moins cher possible.
Ces résultats confirment que l’objectif de la Direction de Gaz de France est d’augmenter la rentabilité financière pour les actionnaires. A ceux qui pensent que la privatisation ne change rien aux tarifs, voilà une nouvelle démonstration du contraire. D’autant que les actionnaires demandent déjà un triplement des dividendes.
Derrière ces hausses se profile le véritable enjeu du débat actuel autour du projet de fusion-privatisation de Gaz de France : faire disparaître les tarifs administrés au profit de contrats indexés sur les marchés libres qui, rappelons le, selon le dernier rapport du régulateur, atteignent des prix deux fois plus élevés que ceux des contrats de long terme de Gaz de France. Ce qui conduirait à des hausses vertigineuses de tarifs -et une croissance tout aussi vertigineuse des résultats financiers- à l’instar de ce qui s’est passé pour l’électricité.
C’est bien cette disparition des tarifs administrés que demandent tant l’AFG (l’Association Française du Gaz dont Gaz de France est le principal membre) dans son communiqué de presse du 1er septembre 2006, que l’Uprigaz (Union professionnelle des industries privées du gaz dont Suez est un des principaux membres) dans le Bulletin de l’Industrie Pétrolière du 27 juin 2006.
Les usagers, les citoyens et les élus doivent se mobiliser contre ce hold-up du service public au profit des actionnaires privés : ce sont les usagers et le personnel qui auraient à payer la rançon.
Le service public du gaz a montré son efficacité en assurant la sécurité d’approvisionnement au moindre coût. L’heure est à son renforcement et non à son démantèlement.
